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vendredi 4 août 2017

L' INCOMPÉTENCE DES DÉPUTÉS LREM À L' ASSEMBLÉE NATIONALE ........

Politique




L’incompétence des députés LREM n’est pas le problème


Si l’on veut créer une société démocratique et juste, il est indispensable de garder ce principe en tête : la somme des intérêts particuliers crée l’intérêt général, et l’intérêt particulier n’est entier que dans l’individu.

Par Pierre Gineste.
Ces dernières semaines ont été émaillées de nombreuses railleries relatives à l’incompétence des députés de La République En Marche.    La cause en est évidente.

En voulant donner un nouveau visage à cette institution hors d’âge qu’est l’assemblée parlementaire en changeant le profil de ses élus, E. Macron n’a fait qu’empirer la situation et n’a apporté qu’une solution de façade sans se préoccuper du problème à la racine : la crise du système parlementaire réside dans son principe même, élitiste et centralisateur, et non pas dans sa composition.`

Et voilà tout le souci: un système centralisé et restreint, ne fonctionne pas sans une élite spécialement formée pour le régenter. 

Ce mouvement, même si maladroitement exprimé, suppose une volonté de rendre le pouvoir à l’individu et une décentralisation du pouvoir décisionnel.

Une équipe parlementaire inadaptée

 

La manœuvre était habile et séduisante : briser la consanguinité parlementaire et le système élitiste gangrené de l’intérieur, se suffisant à lui même pour perpétuer ses traditions des hautes sphères, complètements coupées du peuple. 
Ne plus faire du politique un métier, mais une vocation.
De ce fait, après les élections législatives, En Marche a pu se targuer des statistiques concernant ses élus : une moyenne d’âge de 46 ans seulement, contre 53 ans pour le groupe LR, et 54 ans pour le Parti socialiste. 

En outre, des 308 députés du groupe En Marche, seulement 23 exerçaient cette fonction précédemment, et 169 n’ont jamais eu de mandat.
Mais voilà, depuis la reprise des débats parlementaires, nous assistons à un spectacle véritablement pénible, tant pour l’opposition que pour les partisans de la majorité. C’était inévitable, il a fallu peu de temps pour que l’équipe de députés de Macron se rendent compte de leur manque de compétences pour le poste qui leur a été attribué. 

Ces derniers jours, les articles collectant les impairs de ces derniers fleurissent dans les médias, les enfonçant dans le ridicule.

Scènes déplorables, vides, pénibles. il est évident que ces derniers, soit ne maîtrisent pas leur sujet, soit sont incapables de proférer un discours intelligible devant une assemblée, comme ils sont supposés le faire.

Jean-Baptiste-Djebbari, député EM!, le 12 juillet.


Les exemples de ce désordre ne manquent pas. Et pour cause : de par la nature du système parlementaire, y loger des membres ordinaires de la société civile est incompatible avec son fonctionnement.

Le vrai cœur du problème : un système parlementaire élitiste et centralisateur

On entend régulièrement des plaintes de tous bords concernant la prolifération des élites dans la vie politique française, créant un fossé de plus en plus grand entre la réalité de la vie quotidienne et ses ordonnateurs.
Ce phénomène n’est pas nouveau : dès le 18è siècle, dans son fameux ouvrage Du contrat social, Rousseau évoquait le fait que de par la grandeur du territoire à administrer en un pouvoir si restreint, « Les chefs accablés d’affaires ne voient rien par eux-mêmes, des commis gouvernent l’État. » (Du contrat social, Livre II, Chapitre IX)



 


Je ne suis pas un professionnel de la vie politique.


En clair, c’est ici la professionnalisation de la vie politique qui est remise en cause :

Mais cette professionnalisation est le corollaire à la condensation des pouvoirs.
En effet, il est évident et naturel que plus le gouvernement d’un État repose sur le principe de la délégation, allant de pair avec centralisation et concentration des pouvoirs dans un nombre réduit de fonctionnaires, plus le savoir de ces derniers doit être grand.
C’est en cela qu’une école comme l’ENA est un préalable au fonctionnement du système parlementaire, et ce dernier l’une des raisons de la perpétuation de l’ENA.
C’est aussi pourquoi il est quasiment impossible aux parlementaires d’exercer leur métier en parallèle. « Si on veut faire son travail de député, on n’a pas le temps matériel de travailler » Confiait Eva Sas, ancienne députée EELV de l’Essonne à France Info en 2013.
Une des conséquences les plus importantes du parlementarisme est la création de conflits d’intérêts. Plus un système est centralisé, moins l’intérêt général est représenté, et plus l’intérêt particulier prend sa place.
Se créent par exemple des débats qui ne devraient pas avoir lieu d’être dans une véritable démocratie : peut-on être à la fois avocat et voter les lois qui régissent la nation ?

La réponse est simple, ces problèmes d’éthique ne se poseraient pas si tous les citoyens étaient impliqués dans le processus décisionnel.

 

La solution : rendre le pouvoir à l’individu

Si l’on veut créer une société démocratique et juste, il est indispensable de garder ce principe en tête : la somme des intérêts particuliers conduit à l’intérêt général, l’intérêt particulier n’est entier que dans l’individu. 

L’intérêt général ne peut en aucun cas être représenté par une personne : sa seule forme concrète est impalpable et seulement conceptuelle, et se fait lors du processus décisionnel.
De plus, déléguer notre parole à des fonctionnaires ne pouvant nous représenter chacun parfaitement dans notre diversité est une insulte à l’individu. 

Le système parlementaire ôte le pouvoir à l’homme et remet sa volonté entre les mains d’une personne supposée mieux le défendre que lui même.
La volonté et le pouvoir de l’individu ne peuvent être exercés que partiellement dans une démocratie parlementaire. 

En Marche, en renouvelant le profil des députés au lieu d’éradiquer le problème à la racine, ne fait que tenter de tuer l’âne à coups de figues.

Si le but est de ne plus faire de la politique une profession mais une vocation, de supprimer la prolifération des élites, d’empêcher les conflits d’intérêt, redonner le pouvoir au citoyen, il faut réformer le système qui est la cause de ces maux : supprimer le système parlementaire pour mettre en place une démocratie directe, ou du moins ce qui s’en rapproche.

 En clair, rendre le pouvoir à l’individu, au lieu de créer une illusion en le confiant à de fausses élites incompétentes.



Par Pierre Gineste.
https://www.contrepoints.org/2017/08/03/296003- 



ET AUSSI   REVUE DE PRESSE


Absentéisme à l'Assemblée : les "bonnets d'âne" s'expliquent

A l'approche des vacances parlementaires, franceinfo a épluché les données sur l'activité des députés depuis le début de leur mandat.

Les députés assistent à une séance de questions au gouvernement, le 26 juillet 2017, à l\'Assemblée nationale, à Paris.
Les députés assistent à une séance de questions au gouvernement, le 26 juillet 2017, à l'Assemblée nationale, à Paris. (ERIC DESSONS/JDD/SIPA)
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Yann ThompsonFrance Télévisions
 
Mis à jour le
publié le
 
Plus que quelques jours avant de pouvoir souffler. 

Après un mois et demi sur les bancs de l'Assemblée nationale, les 577 députés élus lors des législatives de juin prendront la route des vacances, mercredi 9 août, à l'issue du vote de la loi de moralisation de la vie politique

Un repos bienvenu pour nombre de parlementaires, qui se disent "épuisés" par leur début de mandature.

Mais tous les députés ont-ils de quoi justifier un tel accablement ? L'examen des données de l'Assemblée nationale et du Journal officiel, recensées par le collectif Regards citoyens sur le site NosDéputés.fr, révèle en effet des niveaux d'implication très variables d'un élu à un autre. 

S'ils ont été, en moyenne, actifs durant quatre semaines et demi, participant à sept réunions de commission et s'exprimant au moins une vingtaine de fois, certains députés affichent un présentéisme proche de zéro. 

Ces mauvais élèves aux profils très différents ont accepté de livrer leurs explications à franceinfo.

Le déserteur : "Il y a peu d'intérêt à siéger"

Elu dans la Vienne sous les couleurs de La République en marche (LREM), Jean-Michel Clément, 62 ans, a brillé par sa discrétion : aucune intervention dans l'Hémicycle ni en commission, aucun amendement signé, ni question écrite, et seulement deux présences en commission.  

"Depuis le début, j'ai déployé mon activité sur ma circonscription", explique à franceinfo cet ancien du PS, qui dit avoir multiplié les rencontres et planché sur des sujets locaux de santé, d'éducation et de transports.

"De toute manière, il n'y a pas beaucoup d'intérêt à siéger dans cette majorité pléthorique, où on nous impose un devoir de silence", ajoute-t-il.
Passer son temps sur un banc à ne rien dire, ce n'est pas l'idée que je me fais de la vie parlementaire.
Jean-Michel Clément
à franceinfo

Visiblement pas à l'aise dans cet Hémicycle largement renouvelé, ce député sortant dit "laisser passer la vague" des "jeunes parlementaires fougueux et ambitieux" qui foncent "comme s'ils venaient d'avoir leur permis de conduire"
 Il dit aussi attendre de pouvoir s'emparer de textes d'un autre calibre que la loi sur la moralisation de la vie politique, qu'il juge "non prioritaire""futile" et "intellectuellement pauvre".

L'ultramarin : "J'étais en circonscription"

Cité en exemple dans le discours de politique générale d'Edouard Philippe, l'élu guyanais LREM Lenaïck Adam a raté de nombreuses séances.  
"Je suis retourné deux fois en circonscription, pour une dizaine de jours, pour des visites protocolaires de début de mandat, explique-t-il à franceinfo. A chaque fois, c'est neuf heures de vol et trois heures de voiture pour rentrer chez moi. 
Les élus d'outre-mer ne peuvent pas rentrer en circonscription d'un coup de Vélib' ou de scooter."  

Il envisage de jongler entre Paris et la Guyane par phases de dix jours durant son mandat.
Moetai Brotherson arrive à l\'Assemblée nationale, le 20 juin 2017, à Paris.
Moetai Brotherson arrive à l'Assemblée nationale, le 20 juin 2017, à Paris. (MAXPPP)
Pour Moetai Brotherson, joint par franceinfo, ce ne sont pas neuf mais "22 heures d'avion" qu'il faut pour rallier Paris depuis la Polynésie française. 

Ce primo-député, membre du parti indépendantiste Tavini Huiraatira, reconnaît avoir pris "le temps de prendre ses marques et de constituer une équipe" en circonscription. 
Soucieux de ne pas être un "député hors-sol", il prévoit de ne venir en métropole qu'une fois par mois, pour une petite dizaine de jours.

Le dispensé : "Je suis malade"

Mercredi 1er août, Stéphane Testé, député LREM de Seine-Saint-Denis, a été critiqué pour son absentéisme par son ancien adversaire de la France insoumise aux législatives, Juan Branco : "Zéro présence. (…) La honte", écrit ce dernier sur Twitter.

Interrogé par franceinfo, l'élu affirme avoir "été très assidu jusqu'au mardi 19 juillet". 
 Sa faible activité à l'Assemblée depuis est due à "un double problème familial majeur", qui le contraint à s'absenter. "J'ai prévenu mon groupe parlementaire", précise-t-il.


L'élue LREM de l'Hérault Patricia Mirallès a elle aussi été contrainte de déserter le palais Bourbon.  
"Elle a un gros empêchement au niveau du pied, elle s'est retrouvée en fauteuil roulant, explique un de ses collaborateurs à franceinfo. On a fourni un certificat médical, en espérant son retour en septembre."  
Même justification médicale pour son collègue héraultais de la majorité, Patrick Vignal, qui confie à 20 Minutes être "malade" et "lessivé".

Le faux cancre : "J'ai été plus que présent"

"Si l'on se fie aux chiffres, je n'étais jamais présent. Mais si vous demandez à mon épouse, elle va vous dire tout le contraire, et ça ne la réjouit pas !" 
 Interrogé par franceinfo sur ses timides statistiques, le député LREM de l'Ain Stéphane Trompille se défend de tout absentéisme. 
"J'estime avoir été plus que présent en commission comme dans l'Hémicycle, y compris lors des nocturnes, affirme-t-il. 
Je n'ai pas encore pu m'exprimer en commission, mais j'ai bien essayé de poser des questions, qui n'ont tout simplement pas été prises."

Stéphane Trompille a d'ailleurs écrit au collectif Regards citoyens pour lui faire savoir que sa fiche "ne reflétait pas la réalité""Le problème, c'est que vous pouvez siéger et voter dans l'Hémicycle et ne pas rentrer dans les statistiques, qui ne prennent en compte que les prises de parole", déplore-t-il. 

Un tort reconnu par le collectif qui, pour corriger ce biais, appelle l'Assemblée nationale à rendre publiques les informations sur la présence et le vote des élus dans l'Hémicycle.

 Source:  http://www.francetvinfo.fr/politique/absenteisme

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