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mercredi 17 mai 2017

NICOLAS HULOT ET LE DOSSIER DE NOTRE-DAME- DES- LANDES .....


Nicolas Hulot macrompatible sur Notre-Dame-des-Landes



17/05/2017 – 17H00 Nantes (Breizh-info.com) ‑ Nicolas Hulot nommé ministre, l’Aéroport du Grand Ouest à la poubelle ? 

Ce fut la première conclusion tirée par Ruth Elkrief ce mercredi sur BFM à l’annonce de la composition du nouveau gouvernement. Pourtant, ce n’est pas sûr du tout. 

Comme Emmanuel Macron, Nicolas Hulot s’est soigneusement ménagé la possibilité de dire tout et en même temps son contraire, de ménager la chèvre et le chou, la carpe et le lapin, le campagnol amphibie et le bulldozer.
Incontestablement, Nicolas Hulot a eu lutté contre le projet de Notre-Dame-des-Landes. 

Il s’est exprimé en ce sens plusieurs fois… sauf la dernière. Au lendemain de la consultation publique organisée par Manuel Valls en Loire-Atlantique le 26 juin dernier, il déclarait à Europe 1 : « en ce qui me concerne, je m’incline, je prends acte de ce vote démocratique ». Autrement dit, puisque 55 % des votants de Loire-Atlantique ont approuvé la réalisation de l’aéroport, je m’en lave les mains.


Oh ! bien sûr, il s’était déclaré « profondément attristé », avait redit combien il trouvait le projet absurde et climatocide. Mais il avait clairement tourné la page : puisqu’il en était ainsi, cet aéroport, qu’on le fasse ! 

Ce qui, on ne l’avait pas noté à l’époque, rendait Nicolas Hulot potentiellement ministrable…

Cependant, c’était compter sans la capacité de tergiversation du gouvernement de François Hollande. Car à Europe 1, Nicolas Hulot avait aussi déclaré ceci : « À partir du moment où il y a un référendum […] qu’il a été massivement voté pour le oui, […] c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités »

Or, sur le plan des responsabilités, l’année écoulée a été un triangle des Bermudes. Et voilà que le gouvernement, donc les responsabilités, c’est aujourd’hui Nicolas Hulot !


Prendre ses responsabilités, compte tenu de ses convictions, ce serait bien sûr abandonner le projet. On verra vite si Nicolas Hulot est fidèle à ses idées ou s’il s’est simplement laissé séduire par les ors des palais gouvernementaux. 

Sur le plan écologique, le projet d’Aéroport du Grand Ouest n’est pas plus vertueux aujourd’hui que l’an dernier. Au surplus, Nicolas Hulot a eu le temps de découvrir que le vote de juin 2016 n’était pas un « référendum » mais une simple consultation, et que l’ordonnance qui l’a décidé n’a jamais été ratifiée par le Parlement. 

Mais il lui reste une échappatoire : estimer que le dossier, désormais, est du ressort du ministre de l’Intérieur et plus du sien. 

 Confirmer qu’il s’en lave les mains et qu’il regarde ailleurs, en somme.

Ses opposants reprochent déjà à Emmanuel Macron de cultiver le flou. 

Mais à Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement va devoir trancher. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », assurait le cardinal de Retz. 

Entre sa réputation et les intérêts de ses nouveaux amis, il faudra bien que Nicolas Hulot choisisse, et qu’il en paie le prix.


Illustration : [cc] Nicolas Hulot à la Fête de L’Humanité 2008, photo Olivier « toutoune25 » Tétard, Commons Wikimedia
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