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mercredi 10 mai 2017

LE COMMUNIQUÉ DE L' INSTITUT POUR LA JUSTICE !

Je dois vous confier tout de suite une urgence.

C’est un sujet révoltant. Et la situation est d’autant plus révoltante que ce problème a été survolé durant toute la campagne.

Je le sais: vous allez me répondre que ce n’est pas le moment.

« Il reste les législatives. »

Mais j’insiste. La réalité n’attend pas.

Pendant que les petites négociations ont lieu, les Français continuent à souffrir.

Un article du Figaro d’hier (9 mai) fait le point:

« Depuis Mohammed Merah, presque tous les terroristes qui ont opéré sur le sol français sont passés par la case justice.»

Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat FO-magistrats, et ancienne juge antiterroriste, réagissait au cas du tueur des Champs Elysées, Karim Cheurfi.

Pour elle, « la justice n’a pas pu prévenir un événement que tout annonçait:

     •    extrême dangerosité d’un individu multirécidiviste

     •    déjà condamné pour trois tentatives de meurtre,

     •    qui avait annoncé son intention de passage à l’acte

     •    et qui relevait d’un régime de probation dont il faudra se demander un jour s’il est adapté à des profils de ce genre.»

Elle ajoute:

« On doit s’interroger sur les carences structurelles de la chaîne pénale. La loi enjoint de faire de l’aménagement un droit, en fonction de critères qui ignorent toute notion de dangerosité des individus.

Un droit décorrélé des actes commis et uniquement fondé sur la réinsertion, dont les critères sont :

     •    avoir un métier

     •    avoir un logement

     •    ou avoir besoin de soins.

Concrètement, en prétendant individualiser les peines, on passe tout le monde à la même moulinette.

Notre probation n’a rien à voir avec celle pratiquée dans les pays du nord de l’Europe, où l’on fait moins d’assistance sociale et où l’on ne badine pas avec le contrôle. »

Ce n’est pas la première fois qu’elle s’attaque à la légèreté des autorités en matière de lutte contre le terrorisme. En 2016, elle déclarait:

« Il faut savoir que les magistrats antiterroristes ne sont pas formés; ils se forment sur le tas; ils n’ont pas de formation initiale sur le terrorisme. 


A mon avis, c’est une faille réelle d’autant plus que la menace est grandissante. Il faudrait sans doute, dès l’école (de la magistrature), former tous ces magistrats sur ces nouvelles menaces de façon spécifique, que ce soit la criminalité ou le terrorisme. »

Les problèmes ne s’arrêtent pas en attendant les législatives. Que prévoit le nouveau Président ?

Il faut que nous le sachions. Et l’Institut pour la Justice s’y prépare en ce moment-même.

Restez à l’écoute.

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel