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jeudi 6 avril 2017

SYRIE: ASSAD EST-IL L' AUTEUR DES ATTAQUES CHIMIQUES ?

Peter Ford, ex-ambassader UK en Syrie : Assad n'est pas l'auteur des attaques chimiques


Interview de Peter Ford par Sky News le 5 avril 2017




Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/


https://www.youtube.com/watch?v=iWHM1O018_o


Transcription :

Peter Ford : Il faut se demander à qui profite (le crime). 


Clairement, ce n'est pas le régime syrien ou les Russes qui en bénéficient, et je considère comme hautement improbable l'hypothèse que l'un ou l'autre soient derrière tout ça.

Il y a plusieurs possibilités.

La première, c'est que tout ça soit des fake news, les images, les vidéos, les informations viennent toutes de sources de l'opposition, et non de journalistes indépendants crédibles.

Il est également possible que les images montrent les suites d'un bombardement qui aurait frappé un dépôt djihadiste de munitions chimiques. 


Nous savons de source sûre que les djihadistes stockaient des armes chimiques dans des écoles à Alep-Est car elles ont été vues ensuite par des journalistes occidentaux. C'est une autre possibilité.

Journaliste :  Quoi qu'il en soit, ceux qui prennent ces informations pour argent comptant soulèvent la question d'une intervention contre le régime d'Assad.

Peter Ford :  En réalité, nous n'apprenons jamais. 


Les (prétendues) armes chimiques de l'Irak, vous vous en souvenez ? On en a été matraqués (pour nous forcer à intervenir).

 A Alep, on nous a dit qu'un holocauste était en train de se produire, des massacres... Mais rien de tel ne s'est produit. 

Des reporters indépendants y sont allés après et n'ont trouvé aucune preuve de massacre.

 Ce que nous avons vu, ce sont des combattants se faire évacuer en bus calmement. Et nous avons découvert par la suite que beaucoup d'images étaient fausses.

Journaliste : Il y a aussi ce qui ont dit « Ok, on en est là maintenant, mais une intervention en 2013 aurait pu changer les choses. »

Peter Ford : Il n'est pas constructif de débattre de ce qui aurait pu se passer si ou si... Personnellement, je pense qu'en 2013, il était judicieux de ne pas intervenir aux côtés des djihadistes. 


Peut-être que je me trompe, mais je pense que la plupart des gens, lorsqu'ils y ont réfléchi une seconde, se sont demandés ce qui allait remplacer Assad et le régime séculier qui protège les minorités, les chrétiens, les droits des femmes... Je ne pense pas que les islamistes auraient constitué un meilleur pari, et c'est encore plus le cas aujourd'hui.

Ayez bien à l'esprit le fait qu'Idlib, où cela s'est produit, est un nid de vipères des djihadistes les plus extrémistes.

(Les interventionnistes) sont (comme) des chiens qui reviennent à leur propre vomi. Ils ont commis toutes ces erreurs - l'Irak, la Libye -, ils n'apprennent jamais, ils veulent reproduire le même scénario en Syrie. 

Heureusement, l'administration Trump a finalement évolué la semaine dernière, et cela peut être significatif, elle a finalement évolué la semaine dernière pour désavouer la politique d'Obama consistant à essayer de renverser le régime syrien, l'entourage de Trump a dit qu'ils sont plus intéressés par l'éradication de Daech, que telle est leur priorité.

Et il est significatif que cette attaque se produise à peine quelques jours après. 


Si les djihadistes voulaient compliquer la tâche de Trump visant à rationaliser la politique américaine, ils auraient justement, sans aucun doute, essayer de monter des fausses informations comme cela.

Merci Sayed Hasan

ET AUSSI


6 avril 2017

Province d'Idlib

Damas a affirmé à l’Onu que des substances chimiques avaient été transportées vers la Syrie, notamment à Alep-Est, depuis le territoire turc, selon le ministère syrien des Affaires étrangères.

Damas a informé l'Onu que des substances chimiques avaient été transportées vers la Syrie, notamment à Alep-Est, depuis le territoire turc, a annoncé jeudi le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.
 De même, le chef de la diplomatie syrienne a mis en doute la logique des accusations d'utilisation des armes chimiques à l'encontre du gouvernement syrien tandis que les troupes gouvernementales combattaient efficacement les terroristes sur divers fronts.
« Dans cette situation, est-il logique pour nous de recourir aux armes chimiques? », a demandé crûment M. Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas. 
« Il est étrange que les États-Unis ne disposent pas d'informations sur l'attaque survenue, alors que ces informations ont été fournies à de Mistura (envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie, ndlr). »
Plus tôt, M. Mouallem a déclaré que les premières informations faisant état d'une attaque chimique étaient arrivées quelques heures avant que l'aviation syrienne ne réalise le 4 avril sa première frappe sur un entrepôt de munitions du groupe terroriste Front al-Nosra (rebaptisé Front Fatah al-Cham).
La coalition nationale syrienne a fait état, mardi, de 80 morts et de 200 blessés dans une attaque chimique à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, imputant cette attaque aux forces gouvernementales syriennes. 

 Le commandement de l'armée syrienne a rejeté les accusations et a reporté la responsabilité sur les djihadistes et leurs protecteurs.

Le ministère russe de la Défense a communiqué que l'aviation syrienne avait attaqué à Khan Cheikhoun un entrepôt de munitions des terroristes contenant des arsenaux d'armes chimiques destinés à des combattants en Irak. 
Une enquête sur l'incident a été ouverte par l'Onu et l'OIAC, mais aucune de ces deux organisations n'a publié de conclusion sur les coupables éventuels.

Précédemment le président syrien Bachar el-Assad avait déclaré que le gouvernement syrien n'avait utilisé aucune arme de destruction massive, arme chimique comprise, contre son peuple. 
Il a rappelé qu'en 2013, Damas avait donné son accord au démantèlement de ses armes chimiques et qu'à l'heure actuelle il ne disposait plus de telles armes.