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samedi 11 février 2017

TRIBUNE LIBRE , POINT DE VUE ET CONSTAT !

Avec Macron, le changement, c’est mollement ?


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Avec Macron, le changement, c’est mollement ?


 Nathalie MP et h16 ♦


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Personne ne pourra accuser Emmanuel Macron de ne pas soigner tous les détails de sa candidature présidentielle.
Ainsi, fini les petits couinements et le passage aux ultrasons éraillés comme à la fin de son grand meeting de la porte de Versailles en décembre dernier : il suit maintenant les cours d’un chanteur d’opéra ! ♫♪♬ !


Personne ne pourra l’accuser non plus de négligence avec les médias. Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme.


Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules.
Notre révolution est En Marche… On ne peut plus faire comme avant, il faut dépasser les clivages, rebattre les cartes, remettre la France en mouvement, libérer les forces et apporter l’espérance… Je compte sur votre mobilisation et votre engagement, c’est notre force ! Etc…


Pour Manu qui s’adresse ♫♪♬ « à tous les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage » ♫♪♬, il faut dépasser les clivages ♥ et le chacun pour soi. Quand il pense à eux, il pense à lui ❥ et la coïncidence avec les Restos du Cœur ❤ n’est pas tout à fait fortuite parce que c’est de cœur ❤ qu’il s’agit, mes amis, mes amours, mes enfants, ♥♥♥ ♫♪♬.


Voici en substance la teneur de ses appels, (vidéo ci-dessous) voici ce qu’il martèle de meeting en meeting sous les applaudissements frénétiques (ou médusés) de  milliers de personnes.


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Lorsqu’il parade au Palais des Sports de Lyon, des millions/milliers de personnes viennent boire ses paroles. 8000 selon les organisateurs et plusieurs milliers d’autres, massées aux abords. 

Telle une rock-star, Macron fend la foule en musique, voit dans « ce mur de présence » un désir d’avenir une « démonstration d’envie de sa candidature », et, se prenant manifestement pour Napoléon Ier à Austerlitz et ses « Marcheurs » (le petit nom des « adhérents ») pour les fantassins de sa campagne, lance avec cette modestie onctueuse de ceux qui osent tout (et c’est à ça qu’on les reconnaît) : « Vous pourrez dire : ‘J’étais là’

Parce que nous allons changer les choses encore aujourd’hui et nous continuerons à avancer. Ensemble ! »
Dans la même veine, voici une vidéo hautement réjouissante alignant les « meilleurs moments » d’Emmanuel Macron aux instruments à vent :   « Ce que nous ferons pour la culture, mes amis, c’est un chemin » – « Je veux réconcilier la France avec le Monde » – etc … etc…

De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison.

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Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud).


Cette « grande marche », au-delà du côté proximité, écoute et rencontre avec la France « vraie de vraie », a surtout eu pour objectif de définir au mieux le discours qui sera « le plus intelligible possible pour le plus de monde possible ». 

En clair, le discours qui ratissera le plus large, déclenchera le plus de réactions positives et transformera les auditeurs en adhérents scotchés.

Ajoutez qu’Emmanuel Macron est jeune, intelligent, tout beau et tout nouveau. Il n’a jamais été élu, mais l’Élysée direct, ça ne lui fait même pas peur ! Mieux encore : il est de gauche (il l’a dit cent fois) mais il peut aussi être de droite si besoin est, d’autant qu’il n’est plus membre du PS tout en étant socialiste, et ayant participé à un gouvernement de gauche, « mais quelle importance ? » .


Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement.

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Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. 
Forcément, ça attire : d’après les responsables, 

En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide.

Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle !

Décidément, Manu Macron, c’est de la très bonne pioche !


Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». 


Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur :
« Un président, ce n’est pas un épicier. L’important, c’est d’avoir une vision, pas forcément d’être dans les détails de la comptabilité. » (un participant au meeting de Lyon, 4 février 2017).

Malgré tout, ce programme trop diaphane gêne certains militants. Sa divulgation ayant été souvent annoncée puis repoussée, pour être finalement fixée à début mars, les « Jeunes avec Macron » ont pris sur eux de construire un site internet reprenant les principales déclarations de leur leader pour leur donner un semblant de consistance.


Ça ne s’invente pas, ce site s’appelle « Vision Macron » et surfe avec application sur un océan de lieux communs des plus vagues, dispatchés en une partie « Diagnostic » puis une partie « Action ». 

La partie « Réaction » est laissée comme exercice au lecteur. 

C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». 

Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu !

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Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui. 

Au-delà de sa tendresse pour le socialisme du réel qui signe son tropisme social-démocrate, on constate sans trop de surprise que les ralliements qu’il enregistre en nombre sont tous le fait d’individus extrêmement à l’aise dans « le système » dont il prétend s’affranchir et que certains d’entre eux sont de vieux routards de la politique depuis des dizaines d’années.


À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas « 
❤ une banque à la place du cœur ❤ » !
À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF.


Le vrai défi, maintenant, consistera à croire que ce sont ces personnes qui seront capables de mettre en marche une révolution vertueuse, alors qu’elles sont toutes liées à tout ce que la France fait sans succès depuis quarante ans en terme de chômage, de dépenses publiques, de déficit et de dette.
Il va en falloir, de la foi, pour imaginer que l’État, gonflé d’orgueil à l’idée d’être stratège, va continuer à l’être sans se fracasser sur des catastrophes financières qui se chiffrent en milliards d’euros.

Il va en falloir, de la ferveur, pour voir en Emmanuel Macron l’artisan d’une transformation libérale de la France, lui dont le bilan se résume à des conseils catastrophiques pendant un quinquennat calamiteux et à une loi qui aura permis d’ouvrir quelques lignes d’autocars et quelques magasins un nombre limité de dimanches.


Conclusion :
Certes, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement habile à mobiliser médias et public autour de lui.

 Certes, il a su trouver les mots les plus susceptibles de toucher des Français désorientés et désireux de changement, mais aussi de protection et d’attention. 

Certes, il a su faire passer un message de nouveauté et de modernité en menant une campagne aussi originale que calibrée au millimètre comme s’il vendait le produit Macron à des consommateurs et non pas un programme politique à des électeurs. Soit.


Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »


Emmanuel Macron n’est rien d’autre que la nouvelle frimousse « hors-système » choisie par le « système », coterie de médias et de politiciens qui nous gouvernent. 

C’est un changement purement formel et en rien fondamental pour la France et les Français, qui préservera ces derniers au pouvoir.


Le navire de gauche a coulé. Celui de droite prend l’eau. 


Les rats quittent ces navires incertains pour courir chez Macron, ce « révolutionnaire » qui rassure tous les étatistes et leur promet qu’il suffit de dire que tout va changer pour que finalement rien ne change. ♫♪♬ !


source : leblogdenathalie et h16free.com

ET AUSSI



Politique. 

La fabrique d’Hommes produits par les médias mainstream

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11/02/2017 – 07H15 Paris (Breizh-info.com) – Avec François Bayrou en 2007 et Emmanuel Macron cette année, on a bien vu que la doxa médiatique est capable de créations marketing insipides mais qui peuvent connaître un certain succès. 
Tantôt politiques, tantôt militants syndicalistes ou gauchistes, ces individus profitent d’une bienveillance totale des médias !


Création d’un 3ème homme, d’un outsider surprise, d’un personnage qui fera vendre un peu plus de papier ou regarder des reportages aussi vide qu’inintéressant, les médias créent ces produits de toute pièce au gré de besoins éditoriaux et politiques. 
Ainsi, François Bayrou s’est retrouvé propulsé en concurrent sérieux à l’élection présidentielle de 2007 en seulement quelques mois.


Aujourd’hui c’est Emmanuel Macron qui est devenu le chouchou des médias. 

Boosté dans sa popularité par une couverture médiatique digne d’une véritable célébrité, l’ancien ministre s’est très rapidement vu accorder le statut de présidentiable, censé “s’y connaître en économie” alors même qu’il n’est qu’un haut fonctionnaire qui a travaillé moins de quatre ans dans les milieux de la finance, il harangue des foules avides de néant à travers la France.
Mais la création médiatique n’est pas seulement l’affaire de personnalités politiques, elle concerne aussi des militants syndicalistes et gauchistes. 
Des éléments désintéressés qui trouvent généralement à se recaser bien loin du militantisme de terrain… 
Parmi ceux-là on peut citer Édouard Martin, ancien militant CFDT des hauts fourneaux d’Hayange qui, un an après la fermeture de son industrie du fait de promesse non tenues par le président socialiste, laissera froidement tomber ses camarades et rejoindra les rangs socialistes pour aller pantoufler au Parlement européen.
 Aujourd’hui député à Bruxelles il est complètement sorti de radars.


Plus récemment c’est un paysan en carton qui a fait la une : Cédric Hérrou,  poursuivi pour faciliter l’acheminement de clandestins en France. Rapidement décrit comme un “Robin des Bois des migrants” coupable d’un “geste d’humanité”, l’agriculteur installé à la frontière franco-italienne a déjà fait passer plusieurs centaines de clandestins d’Afrique Subsaharienne. 

Celui qui dit venir en aide à des familles et des enfants – en réalité des jeunes hommes en âge de combattre – est toujours présenté comme un humaniste, travailleur de la terre au grand cœur. En réalité il s’agit d’un militant d’extrême gauche soutien à la mouvance antifasciste et profondément hostile aux mouvements pro-famille.


Ces créatures du système ont toutes en commun d’incarner à leur manière le système politico-médiatique. Un système en manque d’icônes et qui n’hésite pas à recourir à la fibre sentimentale quand cela est nécessaire, c’est le cas avec Cédric Hérrou, bon samaritain de la cause immigrée, mais aussi de l’épisode Léonarda ou encore de la photo d’Alan Kurdi, enfant mort, échoué sur les plages turques de Bodrum.

Et quand il ne s’agit pas du sentiment, les médias tire sur la ficelle du renouveau ou de l’Homme providentiel comme ce fut le cas avec Bayrou, DSK et aujourd’hui Emmanuel Macron.


Photo : DR [cc] Breizh-info.com, 2017 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine